Laura sentait la chaleur envelopper son corps meurtri. Elle grimpait lentement mais sûrement, rappelant que tout cela était inévitable, qu'elle finirait par la faire succomber. Les flammes
grandissaient au fur et à mesure que les hommes vêtus de noir y jetaient le liquide inflammable.
Elle tentait tant bien que mal de résister à sa peur grandissante, mais elle ne contrôlait plus rien. Elle qui d'ordinaire contrôler tout. Elle avait décidé d'organiser sa vie comme bon lui
semblait, sans se préoccuper des autres, de ceux qui voulaient s'y immiscer.
Les images de sa vie passée fusaient dans son esprit, mais cela ne changeait rien. Elle ne pouvait fermer les yeux et attendre que le feu l'ait dévoré. Elle le sentait parcourir son corps, manger
les moindres parcelles de son corps. Elle essayait de ne pas crier pour ne pas donner satisfaction à ces bourreaux. Bourreaux qu'elle connaissait qui plus est. Et c'est bien pour cela qu'elle ne
voulait pas se montrer faible devant ces ordures.
Il y avait là son amant, celui qu'elle venait de quitter parce qu'elle souhaitait passer à une autre étape dans sa vie. D'ailleurs, peu importait le temps qu'elle consacrait à ses amants, dont
elle avait arrêter de calculer le nombre depuis fort bien longtemps. Non, la seule chose qui comptait pour elle, c'était sa vie, sa vie à elle. Surtout pas la vie que sa mère avait vécu. Elle, si
faible, qui supportait les infidélités de son mari, les coups qu'elle recevait le soir quand il rentrait de sa folle escapade avec sa nouvelle maîtresse. Elle s'était toujours refusée à vivre
cette vie là, contrairement à ses soeurs, qui avaient épousé des types aussi odieux que leur père, et qui se complaisaient dans cette triste existence.
Alors, elle avait vécu comme elle le désirait, sans jamais se marier, ni éprouver le besoin de l'engagement. Elle aimait la solitude, ponctuée bien souvent par le rapide passage de ces nombreux
amants. Théo, le dernier en date, n'avait pas apprécié la façon dont elle l'avait renvoyé, lui, alors qu'il lui avait fait sa demande en mariage. Il était fou de rage, et l'était encore, étant
donné le plaisir qui se lisait dans ses yeux alors qu'il versait une nouvelle fois de l'alcool sur le brasier.
Plaisir qui se lisait également dans le regard de son père, qui ne cessait de la fixer, pensant certainement qu'elle ne recevait que ce qu'elle avait semé. Sa mère et ses soeurs étaient là
également. Elles la regardaient telles des zombies, incapables de réfléchir par elles-mêmes. Les hommes de leur vie avait du faire leur travail, ils les avaient convaincus du bien-fondé de leur
acte.
Acte qui n'était pas isolé, ni même secret. Devant le bucher, une foule s'amassait. Le village tout entier avait fait le déplacement, et se réjouissait du spectacle qui s'offrait à eux.
Mais qu'était donc cette ville? Paradise! Qu'elle portait mal son nom...
Elle avait toujours su que quelque chose ne tournait pas rond dans cette ville. L'atmosphère y était bien trop oppressante, trop mystérieuse. Et pourtant, pour une raison inexpliquée, elle
n'avait jamais pu se résoudre à la quitter. Elle avait peut-être, au fond d'elle, espéré pouvoir un jour changer les choses, les mentalités. Elles en avaient bien besoin ses mentalités! Tout
droit sorties du Moyen-Age! Les relations hommes-femmes n'avaient pas évoluées depuis cette époque-là. Peut-être avaient-elles même régressées...
Ses pensées furent interrompues par la douleur beaucoup trop puissante. Les flammes léchaient ses jambes à présent, lui mordaient les cuisses. La nuisette qu'elle portait lorsqu'on était venu
l'enlever allait bientôt être dévorée par une de ces flammes. Et elle savait qu'à ce moment-là, tout serait fini. Non pas qu'elle nourisse l'espoir de voir un chevalier servant arriver et la
sauver...Non, jamais personne ne viendrait. Jamais personne ne pénétrait dans cette ville de toutes façons.
Mais comment faisaient-ils pour empêcher les étrangers de venir ici? Quelle était le secret de cette ville?
Cette pensée la rongeait car elle savait qu'elle ne pourrait jamais avoir de réponse.
Elle était en train d'agonir, de se faire dévorer par les flammes, comme une sorcière sur son bucher. Une sorcière du 21ème siècle, qui aurait pactisé avec le Diable. Mourir pour avoir
décidé d'être une femme, une femme moderne, qui voudrait pouvoir maîtriser sa vie, sans l'offrir entièrement à celui qui succèderait à son père. Elle voulait vivre pour elle. Elle voulait vivre
ce que les hommes vivaient. Elle voulait faire son expérience de la vie, ce que les femmes de Paradise n'avaient même jamais pensé à faire. Elle leur en voulait de ne pas comprendre, de ne pas se
rebeller, de ne pas l'aider aussi...
Elle était peut-être leur dernier espoir. Et elles le laissaient fuir.
Elle lacha un cri strident. Elle agonisait. Son mince vêtement venait de s'embraser. Les flammes la dévoraient. Elle essayait de toutes ses forces de ravaler ses cris. Elle ne voulait pas se
montrer faible dans ces derniers instants.
Mais la douleur était trop forte. Le feu mordait sa peau, l'arrachait.
Son père approcha, et avant qu'il ne verse le dernier bidon d'essence, elle rassembla toutes ses forces et lui cracha au visage pour qu'il se tourne vers elle:
"Je ne suis pas ce que tu crois. Le diable, c'est toi! Et tous ces hommes rassemblés ici présent! Un jour, une femme viendra et vous serez perdus. Elle saura quoi faire pour ouvrir les yeux de
ces pauvres femmes dont vous abusez. Soyez maudits. Je jouis de votre future perte"
D'abord secoué par les propos de sa fille, le père avait repris ses esprits, et vidé le reste du bidon. Le brasier reprit de plus belle, et n'entendit plus rien. Les cris s'étaient tus.
Laura avait cessé d'être, pour avoir voulu vivre...
La troisième édition de l'écriture participative vient d'être lancée.
Pour ceux qui ne connaissent pas, ou pour ceux qui ont la mémoire courte, voici le principe de ce jeu:
Une image donnée sera votre source d'inspiration. A partir de cette image, vous ferez voir vos talents d'écriture. On ne vous demande aucun type de texte précis: libre à vous de choisir votre
forme (poème, narration, pièce de théâtre, article de journal, certains ont même fait des montages. Bref, faites selon votre inspiration)
Le rendu de l'écriture participative doit être publié sur vos blogs (ou sur le forum de Nos Portes Ouvertes dont vous trouverez l'adresse dans les liens) le lundi 12 mai.
Il serait intéressant de mettre en lien les blogs des autres participants. Pour cela, il faudra que ces participants nous signalent qu'ils se prennent au jeu.
L'image de cette troisième édition de l'écriture participative est...*roulement de tambours*
Et que vois-je? Mon interface a changé? Qu'est-ce donc? C'est une blague? Je ne m'y retrouve pas là!
Bon passons.
Je suis là parce que Nathalie m'a taguée et que je me dois de répondre et faire suivre la chaîne.
Donc le principe du jeu est simple. Vous avez 6 questions, auxquelles il faut répondre par 6 images illustrant votre réponse. Une fois votre questionnaire fait, taguez à votre tour 6 personnes en les invitant directement en leur laissant un commentaire sur leur blog.
Que seriez vous si vous étiez un animal ?
La liberté, pouvoir voler. L'aigle royal me fait envie...
votre couleur préférée?
Les mystères de l'obscurité, la douceur du noir profond.
Votre nourriture préférée?

Le nougat, mon doux pêché mignon...
Les gnocchis de ma môman.
Votre boisson du matin?
Un ptit jus d'orange, y a que ça de vrai :)
Votre objet préféré?
Je voyais mal ce que je pourrais choisir d'autre :)
Quel lieu aimeriez vous visiter?

Trois lieux complétement différents...Rome pour son patrimoine, son architecture. L'Irlande pour son côté folklore je pense, côté verdoyant. Et Auschwitz parce que je m'intéresse à cette partie de l'histoire et que ce serait pour moi une juste continuité que mettre mes pieds sur ce sol pour comprendre.
Je ne vais taguer personne en particulier.
Celui qui souhaite le faire n'aura pas à hésiter. Je vous invite tous, chers lecteurs, à participer à ce portrait imagé.

4ème de couverture:
"En décembre 1944, j'ai été pendu à Auschwitz.Un concours de circonstances exceptionnel, peut-être unique, m'a sauvé la vie."
"Je n'ai pas écrit le récit de mon aventure concentrationnaire pour en tirer avantage mais pour témoigner, pour que le souvenir des martyrs soit évoqué, pour que les jeunes, qui le plus souvent n'ont jamais entendu parler des camps, soient informés."
"Pourquoi ai-je attendu 25ans avant de publier ce livre? Les années ont passé sans que je trouve l'occation et la force de rassembler mes souvenirs. La réadaptation à la vie a été longue. Trois années de torture quotidienne ne laissent pas seulement des traces physiques. Comme tous les rescapés, j'ai lutté contre l'obsession insupportable du souvenir, chaque page écrite me valait des nuits de cauchemars."
Sim KESSEL
Ce que j'en pense:
Livre sur la seconde guerre mondiale et sur la vie à Auschwitz. L'auteur commence son histoire par une de ces missions dans la résistance qui va l'amener à une arrestation, un tabassage inhumain. Il nous narre ses désirs d'évasion lorsqu'il sera interné dans différents camps, ainsi que les nombreuses fois où il survivra grâce à la chance. Car oui, c'est la chance qui lui a permis de survivre à tout ça, d'échapper à une pendaison, de revêtir l'identité d'un homme mort, parce qu'un bourreau boxeur de métier lui sauvera la vie juste parce que Sim Kessel est lui aussi boxeur.
Un roman plein d'évènements qui nous semblent impossible, presque inventés avec les nombreuses fois où l'auteur échappe à la mort. C'est presque surréaliste. Mais cette guerre ne l'était-elle pas?
Bref, un livre à lire pour essayer de comprendre, imaginer ce qui s'est passé là-bas pour éviter que ça ne recommence.
Cela fait un petit moment que je ne vous ai mis de mot à adopter! Je viens y remédier!!
Le mot du jour est "peccamineux".
Mot que j'ai trouvé par hasard sur la toile et que je ne connaissais pas (certainement parce qu'il s'agit d'un terme religieux et que ce n'est pas mon fort). Je le trouve joli alors je vous le
propose.
Définition: il s'agit d'un adjectif signifiant "relatif au péché" "de l'ordre du péché".
Il peut s'agir également d'une personne enclin au péché (mais la première définition est la plus employée. Enfin "était"...)
Mot à rapprocher du mot "impeccable" qui est son antonyme.
Exemple: Cet être peccamineux ne m'inspire rien de bon. Je ne préfére pas avoir une quelconque relation avec cet individu.
On n'oublie pas de voter pour le forum ;)


