Je vous propose donc "cul-bâillote" qui ne signifie rien d'autre que galipette. Oui, il fallait le deviner quand même.
Comment vais-je vous illustrer cela? Euh...nous éviterons de choquer la sensibilité des plus jeunes lecteurs ^^
Exemplons (oui j'invente, j'invente) donc le mot:
Imaginons donc que vous soyezen tête-à-tête (non pas en tête-à-queue, esprits mal placés que vous avez) avec votre amoureux(se) dans l'hôtel somptueux où vous passez vos vacances. Celui (celle)-ci vous propose une aventure plus qu'alléchante:
"Eh chéri(e), si nous allions faire quelques cul-bâillotes dans le jaccuzi de l'hôtel?"
Comme vous le savez, fidèles lecteurs, je suis passée en V2 il y a un bon bout de temps maintenant.
Je n'ai pas eu trop trop de problèmes, si ce n'est quelques soucis de mise en page, de longueur dans le téléchargement.
J'ouvre donc mon interface à l'instant pour vous concocter un article. Que vois-je? Un interface horriblement laid! Des couleurs tristounes. Visiblement pas grand chose n'a changé, si ce n'est
l'apparence.
Que se passe-t-il? Le moment tant non désiré est-il arrivé pour nous?
J'espère que ça ne va pas trop trop posé de problèmes, sinon je fais mes valises et irais voir ailleurs, là où l'herbe sera plus verte.
Aujourd'hui, nous verrons (toujours dans le vocabulaire lorrain) le mot "beugne" (ou bègne aussi)
Qu'est-ce qu'un beugne?
Il s'agit simplement d'une bosse soit sur un véhicule après un accrochage (ce foutu arbre vous a foncé dessus) soit sur un visage après une petite altercation.
Prenons un exemple:
Vous vous promenez paisiblement dans la rue quand soudain un individu fort peu sympathique à première vue vous accoste. Après quelques échanges verbaux, vous confirmez votre première idée sur ce personnage et l'approuver totalement lorsqu'il vous décroche un coup de poing dans la figure.
Vous rentrez chez vous, espérant pouvoir trouver quelque chose pour éviter à l'abominable future bosse (doublée d'une ecchymose) de faire son apparition.
Le lendemain, il vous faut bien sortir pour aller au travail. Et les collègues n'auront de cesse de vous interpeler de la même manière.
"Eh! Ben dis donc! T'en as une sacrée beugne toi!"
Sacrée beugne! Mais bon, c'est de la faute à l'arbre ça. On devrait leur interdire de circuler, tiens!
Je me lance donc dès ce soir.
Comme vous le savez (et si vous ne le savez pas, vous l'apprendrez après la fermeture de la parenthèse), je suis amoureuse de ma région natale chérie, la Lorraine. Je ne pouvais donc pas laisser passer cette occasion pour vous apprendre ou tenter de sauvegarder les mots (ou expressions) bien d'chez nous.
Allez, c'est parti!
Pour aujourd'hui, ce sera le mot "câgneux"
Etre câgneux c'est être mal en point, vous avez mal partout (notamment au niveau des articulations). Mais aussi c'est aussi quelque chose de travers (de traviole ^^), de pas très droit.
Allez, je vous donne un exemple (pour le style, je donnerai mes exemples avec le style lorrain -je mange quelques syllabes par-ci par-là, à vous d'imaginer l'accent que nous n'avons évidemment pas, cela va de soi):
Vous vous promenez dans la rue, et voyez un panneau de signalisation qui plagie lamentablement la Tour de Pise.
Vous vous dites "Qu'il est câgneux c'poteau! I' va finir par tomber"
Ou encore:
Vous discutez avec un ami qui a fait une belle chute le matin même. Evidemment, la douleur se fait ressentir, et cela se voit à sa démarche, sa façon de se déplacer ou de se tenir.
Que lui dites-vous pour le réconforter? Rien, vous lui direz simplement: "Ah la la! T'es tout cagneux!"
Il s'agit de sauver un mot de la langue française. Littéraire que je suis, mes oreilles en prennent souvent un mauvais coup. La chère langue de Molière est maltraitée, voire torturée. Dixit les jolis mots inusités, dixit le vocabulaire dit "soutenu" à notre époque.
La langue française a pourtant tant de beaux mots à nous révéler.
Alors je vais m'affairer moi aussi à cette lourde tâche qu'est la sauvegarde des mots en voie de disparition.


