Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire,

Ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez,

Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer.

Mais essayons quand même...

Membre de la Secte des Trois Mousquetaires à la Porte Ouverte

 

 

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Lundi 12 mai 2008


Laura sentait la chaleur envelopper son corps meurtri. Elle grimpait lentement mais sûrement, rappelant que tout cela était inévitable, qu'elle finirait par la faire succomber. Les flammes grandissaient au fur et à mesure que les hommes vêtus de noir y jetaient le liquide inflammable.


Elle tentait tant bien que mal de résister à sa peur grandissante, mais elle ne contrôlait plus rien. Elle qui d'ordinaire contrôler tout. Elle avait décidé d'organiser sa vie comme bon lui semblait, sans se préoccuper des autres, de ceux qui voulaient s'y immiscer.


Les images de sa vie passée fusaient dans son esprit, mais cela ne changeait rien. Elle ne pouvait fermer les yeux et attendre que le feu l'ait dévoré. Elle le sentait parcourir son corps, manger les moindres parcelles de son corps. Elle essayait de ne pas crier pour ne pas donner satisfaction à ces bourreaux. Bourreaux qu'elle connaissait qui plus est. Et c'est bien pour cela qu'elle ne voulait pas se montrer faible devant ces ordures.


Il y avait là son amant, celui qu'elle venait de quitter parce qu'elle souhaitait passer à une autre étape dans sa vie. D'ailleurs, peu importait le temps qu'elle consacrait à ses amants, dont elle avait arrêter de calculer le nombre depuis fort bien longtemps. Non, la seule chose qui comptait pour elle, c'était sa vie, sa vie à elle. Surtout pas la vie que sa mère avait vécu. Elle, si faible, qui supportait les infidélités de son mari, les coups qu'elle recevait le soir quand il rentrait de sa folle escapade avec sa nouvelle maîtresse. Elle s'était toujours refusée à vivre cette vie là, contrairement à ses soeurs, qui avaient épousé des types aussi odieux que leur père, et qui se complaisaient dans cette triste existence.
Alors, elle avait vécu comme elle le désirait, sans jamais se marier, ni éprouver le besoin de l'engagement. Elle aimait la solitude, ponctuée bien souvent par le rapide passage de ces nombreux amants. Théo, le dernier en date, n'avait pas apprécié la façon dont elle l'avait renvoyé, lui, alors qu'il lui avait fait sa demande en mariage. Il était fou de rage, et l'était encore, étant donné le plaisir qui se lisait dans ses yeux alors qu'il versait une nouvelle fois de l'alcool sur le brasier.
Plaisir qui se lisait également dans le regard de son père, qui ne cessait de la fixer, pensant certainement qu'elle ne recevait que ce qu'elle avait semé. Sa mère et ses soeurs étaient là également. Elles la regardaient telles des zombies, incapables de réfléchir par elles-mêmes. Les hommes de leur vie avait du faire leur travail, ils les avaient convaincus du bien-fondé de leur acte.


Acte qui n'était pas isolé, ni même secret. Devant le bucher, une foule s'amassait. Le village tout entier avait fait le déplacement, et se réjouissait du spectacle qui s'offrait à eux.
Mais qu'était donc cette ville? Paradise! Qu'elle portait mal son nom...
Elle avait toujours su que quelque chose ne tournait pas rond dans cette ville. L'atmosphère y était bien trop oppressante, trop mystérieuse. Et pourtant, pour une raison inexpliquée, elle n'avait jamais pu se résoudre à la quitter. Elle avait peut-être, au fond d'elle, espéré pouvoir un jour changer les choses, les mentalités. Elles en avaient bien besoin ses mentalités! Tout droit sorties du Moyen-Age! Les relations hommes-femmes n'avaient pas évoluées depuis cette époque-là. Peut-être avaient-elles même régressées...


Ses pensées furent interrompues par la douleur beaucoup trop puissante. Les flammes léchaient ses jambes à présent, lui mordaient les cuisses. La nuisette qu'elle portait lorsqu'on était venu l'enlever allait bientôt être dévorée par une de ces flammes. Et elle savait qu'à ce moment-là, tout serait fini. Non pas qu'elle nourisse l'espoir de voir un chevalier servant arriver et la sauver...Non, jamais personne ne viendrait. Jamais personne ne pénétrait dans cette ville de toutes façons.
Mais comment faisaient-ils pour empêcher les étrangers de venir ici? Quelle était le secret de cette ville?
Cette pensée la rongeait car elle savait qu'elle ne pourrait jamais avoir de réponse.


Elle était en train d'agonir, de se faire dévorer par les flammes, comme une sorcière sur son bucher. Une sorcière du 21ème siècle, qui aurait pactisé avec le Diable. Mourir pour avoir décidé d'être une femme, une femme moderne, qui voudrait pouvoir maîtriser sa vie, sans l'offrir entièrement à celui qui succèderait à son père. Elle voulait vivre pour elle. Elle voulait vivre ce que les hommes vivaient. Elle voulait faire son expérience de la vie, ce que les femmes de Paradise n'avaient même jamais pensé à faire. Elle leur en voulait de ne pas comprendre, de ne pas se rebeller, de ne pas l'aider aussi...
Elle était peut-être leur dernier espoir. Et elles le laissaient fuir.


Elle lacha un cri strident. Elle agonisait. Son mince vêtement venait de s'embraser. Les flammes la dévoraient. Elle essayait de toutes ses forces de ravaler ses cris. Elle ne voulait pas se montrer faible dans ces derniers instants.
Mais la douleur était trop forte. Le feu mordait sa peau, l'arrachait.
Son père approcha, et avant qu'il ne verse le dernier bidon d'essence, elle rassembla toutes ses forces et lui cracha au visage pour qu'il se tourne vers elle:

"Je ne suis pas ce que tu crois. Le diable, c'est toi! Et tous ces hommes rassemblés ici présent! Un jour, une femme viendra et vous serez perdus. Elle saura quoi faire pour ouvrir les yeux de ces pauvres femmes dont vous abusez. Soyez maudits. Je jouis de votre future perte"


D'abord secoué par les propos de sa fille, le père avait repris ses esprits, et vidé le reste du bidon. Le brasier reprit de plus belle, et n'entendit plus rien. Les cris s'étaient tus.
Laura avait cessé d'être, pour avoir voulu vivre...


Lundi 28 avril 2008

La troisième édition de l'écriture participative vient d'être lancée.


Pour ceux qui ne connaissent pas, ou pour ceux qui ont la mémoire courte, voici le principe de ce jeu:


Une image donnée sera votre source d'inspiration. A partir de cette image, vous ferez voir vos talents d'écriture. On ne vous demande aucun type de texte précis: libre à vous de choisir votre forme (poème, narration, pièce de théâtre, article de journal, certains ont même fait des montages. Bref, faites selon votre inspiration)

Le rendu de l'écriture participative doit être publié sur vos blogs (ou sur le forum de Nos Portes Ouvertes dont vous trouverez l'adresse dans les liens) le lundi 12 mai.

Il serait intéressant de mettre en lien les blogs des autres participants. Pour cela, il faudra que ces participants nous signalent qu'ils se prennent au jeu.


L'image de cette troisième édition de l'écriture participative est...*roulement de tambours*


Lundi 25 février 2008

 

 

Bonsoir (ou bonjour tout dépendra de l'heure à laquelle vous me lirez). Nouvel article concernant l'écriture participative 2. Etrange me direz-vous? Non, non...Je viens juste clarifier les choses...Mais que dit-elle? Je vous explique.


Vous avez pu voir que j'ai publié samedi mon "texte". Je pense que vous avez été surpris vous attendez à "autre chose". C'était l'effet désiré...Vous étiez mes cobayes si je puis dire. J'avais préparé un autre texte (que je vais vous publier de suite), mais je disais à ma chère Stella (toujours au courant de mes plans avant l'heure) que le texte ne me convenait pas. Et puis, j'ai eu un déclic alors que nous parlions des idées que cette image nous inspirait. Et voilà donc ce que j'en ai fait: le simple mot "fin". Parce que justement ça nous faisait penser à la fin de quelque chose. 

Allez, je vous publie le "vrai" texte qui était prévu. 
Bonne lecture à vous.


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Sara courait toujours et encore. Le souffle court, les jambes tremblantes, elle risquait de s'effondrer à tout instant.
Elle chassa cette pensée de son esprit. Il ne fallait pas y penser, elle ne le pouvait pas.
Elle serrait fort un énorme ouvrage contre sa poitrine. Quel âge pouvait-il avoir? Des siècles? Elle avait eu peur de le tenir dans ses mains le jour de son acquisition de peur de le voir se réduire en poussière sous ses doigts. 

Une acquisition bien étrange d'ailleurs...
Elle se trouvait dans la librairie dans laquelle elle travaillait depuis deux ans maintenant quand un homme dont elle n'aurait pu déterminer l'âge fit irruption dans la pièce. Il s'était avancé vers elle prudemment, se retournant à chaque pas, comme s'il avait peur d'être suivi. Arrivé au bureau derrière lequel elle se tenait, il avait déposé l'ouvrage et s'en était allé malgré les interpellations de Sara. Elle s'était donc approché du livre pour voir ce dont il s'agissait. 
Une écriture bien étrange représentait ce qui devait être le titre. Elle avait pris le livre en main et une enveloppe en était tombé. Elle l'avait ouverte puis lu la lettre qu'elle contenait. Elle aurait préféré ne jamais avoir eu à le faire...Elle avait pensé à une plaisanterie mais désormais elle y croyait plus que tout...


"Chère Sara,

Malgré ce que vous croyez, ce livre est le vôtre, depuis cinq siècles maintenant. Il vous était destiné, à vous et à vous seule.

Ne m'en voulez pas, je vous livre là le malheur. Veuillez me pardonner, mais je ne puis faire autrement. Il est vôtre et vous seule pourrez trouver l'unique solution pour éviter l'apocalypse que le livre de la connaissance provoquerait hors de vos mains.

Prenez en soin. Que Dieu vous protège, vous en aurez besoin.

Votre dévoué."


Sara n'avait pas pris cela au sérieux. Elle pensait à un mauvais canular, rien de plus.
Les semaines défilant, elle avait bien dû se rendre à l'évidence.L'homme mystère ne disait peut être pas faux...


Et la voilà qui courait pour semer la mort imminente.
Savait-elle au moins qu'elle se jettait dans ses griffes?


Depuis ce maudit jour, elle avait reçu de bien étranges visites. Un homme entrait régulièrement dans la boutique, fouinant partout -elle l'avait même surpris dans la cave voutée qui tenait lieu de réserve- et s'en allait toujours sans rien acheter.
Il cherchait visiblement quelque chose. Mais quoi? Sara le comprit lorsque deux hommes pénétrèrent dans le manoir familial où elle vivait. Elle s'était alors cachée dans un endroit discret. Elle les avait entendus tout mettre sans dessus dessous. Mais que cherchaient-ils à la fin? 
Elle détourna les yeux vers un lourd et sombre objet. Elle comprit soudain...Le livre! Elle l'avait attrapé. Cependant, à ce moment même, les hommes étaient entrés dans la pièce et l'avaient surprise. Elle était sortie de sa cachette, l'ouvrage contra sa poitrine et avait demandé ce qu'ils lui voulaient.


"Ce que tiens dans tes mains, garce! Donne-le nous, il nous appartient. Tu n'en connais nullement sa valeur, à quoi te servirait-il? Ne trouverais-tu pas stupide de mourrir pour du papier jauni dont tu ne connais rien?"


C'était le plus grand des deux hommes qui venait de parler, caressant de sa main son revolver.

Elle avait senti monter en elle une force inoui, un courage qu'elle se connaissait pas. Elle savait qu'elle devait fuir et ne leur laisser sous aucun prétexte le livre de la connaissance...
Elle avait alors couru de toutes ses forces vers sa cachette, qui était en fait, il y a déjà bien longtemps, un passage secret qui menait à l'autre bout de la propriété familiale. Il y faisait nuit noire mais elle avait l'avantage de connaitre le lieu. Ainsi ils ne gacheraient pas de balles à tirer dans le néant. Enfin, elle l'espérait...
Cependant il lui fallait courir, courir vite, toujours plus vite.
Le passage secret était si long. Elle n'en pouvait plus, ne sentait plus ses jambes mais ne pouvait pas se permettre de reprendre son souffle.
Les hommes étaient toujours à ses trousses quand elle vit enfin la lumière du jour.
Elle ne savait pas trop ce qu'elle pourrait faire une fois à l'extérieur, surtout dans cette partie de la propriété éloignée de toutes habitations, au bord des falaises surplombant l'océan qui se perdait à perte de vue.

Pendant sa course effrenée, elle ne sut ce qui lui arrivait. Des sortes de flash lui arrivaient, ne comprenant pas très bien ce que cela signifiait. Elle revoyait à la fois des époques passées dans lesquelles elle se voyaient, mais aussi des époques à venir, des images de chaos. Passé et futur se superposaient.

Le livre...Les hommes à sa poursuite...La lettre de son dévoué..."L'apocalypse que provoquerait le livre de la connaissance hors de vos mains"...

La solution...Il fallait trouver la solution...

Protéger le livre, c'était protéger la vie de tous les êtres présents sur cette planète.
Dans de mauvaises mains, la vie sera détruite à petit feu, ruinant tout espoir d'humanité.
Il fallait agir, mais que faire? Liquider tous les hommes qui voudraient lui voler ce précieux et dangereux livre? C'était impensable. Il n'avait même jamais tenu une arme dans ses mains. Comment pourrait-elle ainsi se défendre? 

Sara arrivait vite au bord de la falaise qui surplombait l'océan mais aussi, et surtout, d'immenses rochers aiguisés par le flot continu des vagues. 
"Que faire? Où aller? Mais bon sang, que faire?"

La solution l'assoma, arrivée de nulle part ou plutôt d'un invisible salut.

Elle s'approchait de la falaise, dangereusement, elle ne ralentit pas son allure, et se jeta dans le vide, sous le regard incrédule de ses poursuivants.

La chute fut longue et sembla lui durer une éternité. Sara eut le temps de réaliser son geste et les conséquences de son acte...
Elle allait mourir pour cet énorme livre qu'elle laissa échapper de ses mains. Ses pages s'en détachèrent et voletèrent tout autour d'elle comme si elles l'accompagnaient vers sa mort, formant un incroyable cortège blanc jusqu'à son point de chute où elle s'écrasa dans un bruit atroce d'os qui se brisent. 
Les feuilles attérirent sur l'eau, flottant. 
Les hommes s'approchaient du bord, et virent le livre éparpillé dans l'eau. C'était fichu. Cette garce avait réussi à détruire LE livre. 
Ils s'éloignaient donc, rentrant bredouilles.

Le danger s'éloignant, une chose étrange se produisit...Comme habitées, les feuilles se rassemblèrent pour former de nouveau l'ouvrage qu'il était. Les feuilles séchèrent, et vogua sur les flots mouvementés vers le large.
Sara avait échoué. Sa mort n'était pas la solution. Elle n'était morte pour rien. Le livre continuait sa route, loin vers un là-bas inconnu...jusqu'il s'échoue quelques semaines plus tard sur une plage où se trouvait de jeunes adolescents qui ne se doutaient de rien, et risquaient à tout moment de déclencher le compte-à-rebours...


Les autres participants à l'écriture participative 2: Stella, The Super Trouper, Péné, Opti, Rosa Negra.

Samedi 23 février 2008












FIN

Vendredi 15 février 2008
L'écriture participative est d'actualité de nouveau. 

Pour retrouver les régles de l'écriture participative, je vous invite à aller faire un tour chez Stella
ici pour voir à quoi ressemblait la première édition. 

Il s'agit tout simplement d'écrire un texte (comme vous le sentez, il n'y a pas de contraintes de ce côté là) à partir d'une image donnée.

Cette image est la suivante:

497px-Uncut_book_p1190369.jpg


Si cela vous tente, si cette image vous inspire, venez participer.

Votre texte devra être publié samedi.

Voili voilou! Bonne écriture à vous, et à mardi!
 

Auto-portrait

Les trois mousquetaires vous invitent à rejoindre leur forum "Nos Portes Ouvertes" où le maître mot est "tolérance". Vous pourrez y parler de ce que vous voulez, donner votre opinion sur ce que vous souhaitez. Vous pourrez également nous montrer vos talents d'écrivain dans la section "Jeux d'écriture". Nous vous attendons avec impatience.

Audrey, du blog
Réunion Passion, et ses camarades vous attendent sur leur forum. Convivialité, bon accueil, sympathie, humour, voyage dans l'univers de la Réunion, tout cela vous attend. Alors, n'hésitez pas! Rejoignez le forum de Réunion Passion !!!

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