Les spécialistes ès transports en commun ont lancé une nouvelle expérimentation suite aux témoignages d'utilisateurs interloqués.
Cette nouvelle mode concerne essentiellement les jeunes adolescents (vous savez cette espèce humaine souvent irrespectueuse, un peu rebelle, détestant toute forme d'autorité, et se cherchant un modèle auprès des personnes qui ne sont pas forcément des modèles à prendre en compte) Il s'agit d'un phénomène langagier voire gestuel (en guise d'accompagnement)
Reprenons donc l'expérience habituelle (oui, ça devient barbant mais les théoriciens sont réputés pour ce côté là...)
Prenons donc un train T parcourant un voyage V (Rien à voir avec le TV de Cédric. Nous tenions à vous le préciser au cas où le doute persisterait) sur une distance et une durée quelconques, avec un nombre quelconque de voyageurs (un témoin minimum et deux jeunes adolescents)
Comme pour l'expérience précédente (sur la nouvelle façon de se faire des amis), les ado, comme généralement les personnes en groupe, vont engager la conversation. Toutefois dans ce cas d'étude, la discussion va prendre une tournure différente, souvent choquante selon les témoignages recueillis des personnes d'âge mûr ou plus généralement des gens que cela insupporte.
Il vous faut savoir qu'aujourd'hui, de nombreux adolescents prennent pour modèle les personnages du monde du rap, ou les personnes dites "racailles". Il leur faut en particulier s'inspirer de leur langage et de leur gestuelle. Il semblerait que cela leur donne une certaine assurance, une certaine classe, une certaine confiance en soi.
Lors de notre expérience, les jeunes se sont conduits comme les témoignages nous le montraient. Les ados discutent majoritairement de tout sauf du beau temps (potins mag le come back!Pour plus d'informations sur ces discussions, veuillez vous référer à l'étude précédente) Evidemment, il leur faut employer ce langage poétique à la mode: la vulgarité, l'obscénité!Mais pas de celle où l'on dit un simple "merde" après s'être fait un peu mal ou un "fait chier!" alors que la voix asseptisée de Dame SCNF vous annonce un retard sur votre ligne. Non non, la vulgarité qui intervient 5 fois au moins dans une même phrase, de celle où on ne s'appelle plus par son prénom mais par un affectueux gros mot.
Nous avons choisi volontairement de ne donner aucun exemple de cette vulgarité pour ne pas choquer nos lecteurs. Pour vous en rendre compte directement, nous vous invitons à emprunter un des multiples transports en commun.
Accompagnant ses paroles souvent jetées avec virulence et forte voix (tout comme les phénomènes déjà étudiés, il faut que chacun puisse participer à cette mode), la gestuelle est bien présente, souvent rebelle et irrespectueuse, à l'image de ces jeunes. L'objectif des adhérants à cette mode est de faire simplement tout ce qu'il n'est pas permis de faire: mettre vos chaussures boueuses sur les sièges (ou sur votre voisin!) écouter de la musique sur votre portable (du rap de préférence, nous vous l'avons déjà dit) jeter vos canettes de soda par terre (ne pas prendre la peine de chercher une poubelle) sortir une cigarette ou un joint bien souvent tout en regardant goguenard le panneau "interdit de fumer" placarder au-dessus de la porte.
Nos jeunes adolescents ont trouvé leur modèle, ils sont fiers de ce nouveau phénomène, et se sentent plus forts, plus respectables, plus appréciables par la population "jeune" et ils nous le font savoir.
Espérons pour nos chastes oreilles et pour nos principes de respect que ce phénomène ne sera qu'éphèmère.
Nos chercheurs n'ayant pu trouver d'antidote à cette mode, nous ne pouvons que vous souhaitez bon courage. (Si cela vous intéresse, notre centre de recherche va s'affilier à une société de fabrique de boule quiès. Nous serions honorés de vous faire profiter de nos réductions avantageuses)
Une mode "nouvelle" est à l'étude. Selon les résultats de ces enquêtes, il semblerait pourtant que ce phénomène soit plus ancien que ce que l'on aurait pu croire. Cependant, étant donné l'ampleur que cela prend, les anthropologue ès transports en commun souhaitent parler d'une nouveauté.
Contrairement à l'étude précédemment citée (La mode du "Je fais partager ma musique même si vous n'en avez pas envie"), ce phénomène touche une large couche de la population, mais tout particulièrement les sujets féminins.
Prenons, pour parfaire l'expérience, un train T parcourant un voyage V de durée indéterminée (mais non, pas de retard indéterminé comme vous pouvez souvent le voir sur les panneaux d'affichage de la SNCF)
Mettez-y autant de passagers que vous le souhaitez, cela n'a aucune importance (il faut tout même 3 personnes minimum pour les besoins de l'expérience)
N'oubliez surtout pas l'ingrédient principal de l'étude: deux femelles humaines voyageant ensemble au minimum (Prenons des femmes car elles constituent la majorité des adhérants de cette nouvelle mode) Il est inutile de les doter de la parole, c'est inné chez l'homme, et largement utilisé chez la femme en particulier.
Ajoutez-y plusieurs autres personnes ne les connaissant pas. L'expérience peut ainsi commencer.
Instinctivement, les deux (ou plus) femelles de départ se mettront à discuter. L'étude a révélé certains points communs dans les discussions: elles se limitent rarement à un banal "Quel sale temps, aujourd'hui!" "Bonne journée?" "Ah les jeunes de nos jours!". Elles auront vite tendance à parler mari-petit ami-coup d'un soir (rayer la mention inutile, si besoin, parce qu'on peut très bien combiner les trois dans certains cas), enfants-chien-chat (inutile de répéter la consigne), la dernière engueulade du couple,le réveil du matin, les retards affolants des règles, les conséquences désastreuses de la ménopause, la position préférée du mari-petit ami-coup d'un soir (rayer ou non la mention inutile), les derniers potins ("Ouah, t'as vu Machin sort avec Machine?" "Non mais tu te rends compte, il l'a trompée avec Bidule!" "Non, mais tu vois, ils ont couché le premier soir, c'est honteux!")
Les colocataires de wagon, bus, métro, tram ou je ne sais quoi encore, n'ont d'autres choix que d'écouter les bribes de vie de ces dames et de leurs proches absents devenus présents grâce aux potins du transport-en-commun-express. (Les oreilles doivent pas mal siffler!) Il faut le dire, un des points les plus important de ce nouveau phénomène est assez simple mais nécessaire: ne surtout pas être discret! Il faut parler distinctement et haut et fort. Certainement un nouveau signe de la vague de générosité humaine qui submerge les utilisateurs des transports en commun!
Ce nouveau phénomène va, selon les spécialistes ès transports en commun, tendre à la suppression des numéros verts surtaxés à 15 euros/minute (j'exagère à peine) permettant à tout un chacun de bavarder au téléphone avec la douce voix d'une inconnue qui vous remontera le moral, vous fera croire que vous êtes devenu son ami, que vous pourrez la rappeler elle (évidemment, Monsieur/Madame, vous ne tomberez pas sur un autre standardiste que moi!) Exit les "3615 J'ai-besoin-d'ami" ou les "Taper AMI au 8 12 12" !!!
Dorénavant, la solution la plus efficace et la moins coûteuse serait de suivre à la lettre les étapes de l'expérience citée au-dessus. Une fois sorti de votre transport en commun, bien repu des flots de paroles des dames, vous aurez l'impression de connaître tout sur leur petite vie, comme si vous la partagiez. Vous vous sentirez comme après une longue après-midi de bavardage avec votre meilleure amie mais dans cette situation, vous aurez économisé votre salive, vous n'aviez pas besoin de parler (vous n'aviez rien à faire dans la conversation d'ailleurs)
D'après ces mêmes spécialistes, il y aurait bien d'autres avantages encore: inutile de se souvenir des dates d'anniversaires (si vous rencontrez de nouveau la même personne, vous le saurez certainement de toutes façons), inutile de faire des cadeaux, envolée la peur de vexer la personne.
Alors, Mesdames, Messieurs, si vous n'avez pas d'amis, si vous n'avez pas d'argent (les numéros en -08, c'est bien trop cher pour vous!) si vous n'avez pas de mémoire pour les dates importantes, si vous voulez des relations amicales sans contraintes et sans obligation, si vous voulez vous persuader que vous avez de véritables amis dont vous connaissez tout (même jusqu'à la couleur de la petite culotte du jour!), les spécialistes ès transports en commun que je représente ici vous conseille fortement de vous rendre dans le premier car-metro-train (rayez la mention inutile! N'essayez pas de prendre les trois en même temps, cela risque d'être infaisable, mais si vous y arrivez, merci de bien vouloir nous contacter!) que vous trouverez, de vous asseoir à côté de deux bonnes femmes à la langue bien pendue, et le tour est joué! De véritables amis, à moindre coût et sans le moindre effort!
Les joies des transports en commun! Oui, je sais, c'est embêtant bien souvent: les retards, les suppressions, les gens qui sentent mauvais, ceux qui parlent trop fort, les pots de colle (Petit clin d'oeil à Nath!) et j'en passe et des meilleurs (enfin, des pires!)
Mais les trajets au milieu de ces inconnus permettent de grandes réflexions anthropologisantes (Si ce mot n'existe pas, s'en référer à Miss Stella qui aime les néologismes). Oui, oui, les trains, bus, métros, sont des échantillons d'humains dans toute sa réprésentation!
Aujourd'hui, nous allons étudier un phénomène qui s'accentue très nettement ces derniers temps. Prenons un jeune (oui, les jeunes sont souvent au coeur des nouvelles modes), dans un train T parcourant un voyage V. Ce train peut contenir autant de personnes que vous le souhaitez. Peu importe, le jeune s'en fout littéralement! Ce personnage, comme tout personnage de sa génération, aura un téléphone dernier cri faisant office d'appareil photo, de caméra, de magnétophone, de lecteur musique (et accessoirement d'outil d'appel) Le jeune aime montrer son petit bijou technologique. (Serait-ce une sorte de parade amoureuse comme le paon le ferait avec sa belle queue parée de plumes aux couleurs chatoyantes? Ceci n'a pas encore été étudié scientifiquement, mais ça ne saurait tarder)
Il aime donc montrer cet objet qu'il semble impossible de fourrer dans sa poche ou dans son sac. (Serait-il soudé à leur main? Encore un nouveau phénomène à étudier!) Mais cela ne s'arrête pas là! Nous venons de dire que cet étrange outil faisait également office de lecteur musical! Notons également que le jeune est généreux, que le jeune est partageur, que le jeune aime les gens qui l'entourent et veut leur faire savoir.
Le jeune attrape donc son téléphone portable (Ce n'est ici qu'une expression puisqu'il l'a déjà en main ne pouvant se séparer physiquement de lui), tripote les touches-manettes-boutons-manivelles-écrans digitaux (il ouvre son répertoire musical, pour ceux qui ne suivent pas), et choisit le (ou les) morceau(x) qu'il pense devoir faire partager aux autres.
Généralement, les morceaux choisis ont tous un léger point commun: de la mauvaise musique! (je ne fais qu'émettre mon jugement propre qui est, force est de constater celui de nombreux autres utilisateurs des joyeux transports en commun) Selon les expériences, il semblerait qu'il s'agisse de morceaux de cette musique à la mode: le rap, mais le rap grossier, très grossier, celui dans lequel où les mots non vulgaires se font très rares.
Une fois le morceau choisi, le jeune va tripoter de nouveau ses touches-manettes-boutons-manivelles-écrans digitaux pour lancer sa lecture. Attention, la régle semble être assez simple mais obligatoire: ne pas utiliser d'écouteurs (Oui, sinon le partage généreux avec les usagers ne peut pas s'effectuer) surtout de pas en utiliser! La deuxième régle est, semble-t-il, de mettre le volume à son maximum (L'ensemble des utilisateurs doivent pouvoir accéder à cet acte)
A noter que tous les jeunes ne pratiquent pas ce nouvel échange. Quelques uns paraissent vouloir demeurer dans l'ancienne mode: l'emploi des écouteurs. Ce qui est nettement moins propice au partage musical, ceux-ci seraient-ils plus égoistes?
Une hypothèse avancée par quelques personnes amateurs d'anthropologie ès transports en commun serait une cause plus sociale, plus financière. Ceux-ci avancent que ces écouteurs ne seraient pas à la portée de tous, ils seraient en effet, beaucoup trop chers pour certains grands amateurs musicaux.
Alors, Monsieur ou Madame le futur président, je vous lance un appel au secours: faites un geste de grande solidarité. Aidez notre jeunesse en distribuant gratuitement des écouteurs dans les foyers français. Sauvez la France et ses jeunes! (Par pitié, donnez leur des p****** d'écouteurs avant que je finisse par leur faire bouffer leur portable de m****!)
Voilà trois semaines que nous avons repris la fac, et trois semaines que nous prenons donc notre train. Une bien courte période pour autant de retards, de 10-15-40 minutes, pour des trains qui ne viendront jamais, pour des trains qui s'arrêtent sur les voies.
Alors, je me demande si c'est comme ça que la SNCF veut nous faire préférer le train?! Une fois de temps en temps, c'est compréhensible, ça arrive! Mais quand ça arrive tous les jours ou presque, ça fait beaucoup trop! Il y a des gens qui travaillent, et qui perdent des heures à cause de ça! Il y a des étudiants qui veulent aller en cours! Et on paie tous nos abonnements, nos billets de train!
Et puis, vont-ils penser à changer nos trains qui datent de la guerre (des années 60-70 en fait)? Ce n'était pas prévu? N'ont-ils pas l'impression qu'ils arrivent en fin de vie, et que trop de pannes tuent le traffic? Penseront-ils à nous rajouter des wagons au train de 7h? Parce que s'entasser comme des boeufs dans une boite à sardines, c'est pas génial!Même debout il n'y a plus de place! La ligne conflans-jarny-Metz se meure et va finir par être fermée, ça c'est sûr, mais ne voit-il donc pas que cette ligne n'est pas morte, que beaucoup beaucoup de gens prennent cette ligne (sinon les trains ne seraient pas pleins!)
Voilà, c'est mon gros coup de gueule, parce que ça me gonfle à un point inimaginable!


