
4ème de couverture:
"En décembre 1944, j'ai été pendu à Auschwitz.Un concours de circonstances exceptionnel, peut-être unique, m'a sauvé la vie."
"Je n'ai pas écrit le récit de mon aventure concentrationnaire pour en tirer avantage mais pour témoigner, pour que le souvenir des martyrs soit évoqué, pour que les jeunes, qui le plus souvent n'ont jamais entendu parler des camps, soient informés."
"Pourquoi ai-je attendu 25ans avant de publier ce livre? Les années ont passé sans que je trouve l'occation et la force de rassembler mes souvenirs. La réadaptation à la vie a été longue. Trois années de torture quotidienne ne laissent pas seulement des traces physiques. Comme tous les rescapés, j'ai lutté contre l'obsession insupportable du souvenir, chaque page écrite me valait des nuits de cauchemars."
Sim KESSEL
Ce que j'en pense:
Livre sur la seconde guerre mondiale et sur la vie à Auschwitz. L'auteur commence son histoire par une de ces missions dans la résistance qui va l'amener à une arrestation, un tabassage inhumain. Il nous narre ses désirs d'évasion lorsqu'il sera interné dans différents camps, ainsi que les nombreuses fois où il survivra grâce à la chance. Car oui, c'est la chance qui lui a permis de survivre à tout ça, d'échapper à une pendaison, de revêtir l'identité d'un homme mort, parce qu'un bourreau boxeur de métier lui sauvera la vie juste parce que Sim Kessel est lui aussi boxeur.
Un roman plein d'évènements qui nous semblent impossible, presque inventés avec les nombreuses fois où l'auteur échappe à la mort. C'est presque surréaliste. Mais cette guerre ne l'était-elle pas?
Bref, un livre à lire pour essayer de comprendre, imaginer ce qui s'est passé là-bas pour éviter que ça ne recommence.

Vous souvenez-vous de cette petite fille au manteau rouge que l'on voit dans La liste de Schindler? Cette petite fille devenue grande a eu un choc en visionnant ce film...c'était elle, et tous les souvenirs qu'elle avait refoulés sont remontés à la surface. Et là voilà lancée dans l'écriture de l'histoire de sa vie La petite fille au manteau rouge.
Par ce livre, cette petite fille juive descendante d'une famille aisée (avant la guerre évidemment, puisque les juifs n'avait plus le droit à rien pendant la shoah) raconte le ghetto, la folie humaine, la peur, l'éternelle nécessité de se cacher pour survivre, la mort qui la touche de près, et sa vie complétement détruite.
Je m'attendais, à vrai dire, à comprendre ce que cette petite fille faisait seule dans la rue, dans le film de Spielberg, mais elle ne nous apporte pas de réponse...Peut-être a-t-elle refoulé ce souvenir beaucoup plus profondément? Je m'attendais également à son histoire pendant la guerre uniquement, mais ce livre va bien au-delà. Elle va nous raconter le ghetto, la guerre et cette jeunesse passée à se cacher, mais elle va nous parler des années d'après-guerre jusqu'à ce qu'elle visionne ce film qui lui fera comprendre pourquoi elle est ce qu'elle est, pourquoi ses dépressions, pourquoi ce sentiment d'être toujours exclue?
Un livre émouvant sur les impacts de cette guerre sur tout une vie...
Le récit commence lorsqu'elle a 3ans, entassée dans une maison au milieu de dizaines de juifs polonais. La mort est leur quotidien, et la petite comprend sans comprendre, elle sait qu'elle doit avoir peur. Sa mère, Tosia, veut la protéger de cette atmosphére, mais n'y arrive pas, et c'est avec elle qu'elle passera les prochaines années quand toute la famille aura disparu...
A 5ans, son père réussit à trouver une nouvelle identité: Roma Liebling devient alors Roma Ligocka, et la noirceur de ses cheveux deviendra un blond loin du stéréotype juif. Des années durant, sa mère et elle seront hébergées par les Kiernik, une famille polonaise, mais les allers-retours entre les différentes cachettes ne peuvent cesser. La gestapo rôde toujours...
La guerre arrive à son terme et à la peur permanente se succèdent les pleurs, les recherches, les désespoirs et ce besoin inexorable de parler de ce que les survivants ont vécu...sous l'oreille attentive de la petite fille qui voudrait ne pas entendre! Et un beau jour, les plaintes cessent, on oublie.
Roma vécut tantôt dans la détresse tantôt dans le bonheur du communisme, du monde des artistes. Mais elle est instable, se droguera aux médicaments pour supporter cette vie qu'elle n'assume pas.
Un livre émouvant qui donne à voir la vie d'après-guerre, la façon dont les victimes peuvent se reconstruire après l'horreur.
Comme promis dans le quizz, je vais vous parler de Fetjaine, en espérant que ça vous donnera envie de le connaître (si ce n'est déjà fait!)
J'ai fait mes premiers pas dans son oeuvre avec la trilogie des Elfes, et cet auteur m'a tout de suite conquise.
Pour situer un peu mieux l'auteur, une petite séquence biographie s'impose (en fait, ce n'est pas nécessaire, mais c'est toujours bien de savoir)
Né en 1956, Jean-Louis Fetjaine est diplomé de philosophie et d'histoire médiévale (seul le deuxième diplôme est à prendre en considération dans son oeuvre) Ancien journaliste, éditeur depuis 1985, auteur de nombreux ouvrages humoristique (Le guide du père, Le guide de survie à l'usage des parents, L'homme expliqué aux femmes, Le guide de survie au bureau ou encore L'école expliquée aux parents. Ca ne vous dit rien?)
Mais, incontestablement, son plus grand succès est dû à cette trilogie, faisant de lui un incontournable de la fantasy. En 2003, il obtient d'ailleurs le Prix Imaginales grâce au Pas de Merlin.
Pour vous éclairer sur l'intrigue, un petit résumé s'impose (Et là, il s'impose vraiment!)
Le crépuscule des elfes: Il y a très longtemps, quatre peuples cohabitaient: les hommes, les elfes, les nains et les monstres. Chacun de ses peuples possédait son talisman: la pierre de Fal qui gémit à l’approche d’un vrai roi pour les hommes, le Chaudron de Dagda, Graal de la connaissance pour les Elfes, l’Epée de Nudd ou Excalibur pour les nains, la lance de Lug pour les monstres. Le perdre signifiait la disparition du peuple. Un jour, un homme corrompu vole Excalibur, le talisman des nains. Le grand conseil (Et là, on pense inévitablement au Seigneur des anneaux) est convoqué et douze représentants se lancent à la recherche du voleur et du talisman. Parmi eux: Uter, jeune chevalier, et Lliane, reine des Elfes. Une histoire d'amour impossible en apparence...
La nuit des elfes: Excalibur retrouvé, les hommes refusent de la rendre aux nains. (Tous des méchants, les hommes!) C'est le chaos, les royaumes nains disparaissent inévitablement. Seuls les Elfes ont le pouvoir de s'opposer aux hommes, tout repose sur leurs épaules. Mais ils vivent retranchés, inconscients de ce qui les entourent. C'est là qu'intervient Merlin (l'enchanteur...ça vous parle?), un druide rejeté de tous car mi-homme mi-elfe qui fait appel à Uter. Celui-ci doit mettre fin au règne illégitime du Duc Gorlois, et c'est avec l'aide de Lliane, son amante, qu'Uter gagnera (grâce au pouvoir du Pendragon) Il prendra donc le pouvoir du royaume des hommes, reconnu roi légitime par le talisman de ces derniers. Une autre histoire d'amour va s'immiscer dans l'histoire: Uter devra choisir entre les deux femmes qu'il aime: la reine des hommes Ygraine ou la Belle Lliane avec qui il a eu un enfant: Morgane (légende arthurien... on est en plein dedans)...
L'heure des elfes: Excalibur est toujours aux mains des hommes (Les
vilains!) De l'union d'Uter et d'Ygraine est né Arthur qu'ils vont devoir mettre à l'abri car les forces du mal envahissent le royaume des hommes (Seigneur
des anneaux quand tu nous tiens!) Merlin, sous la demande d'Uter, interviendra auprès du peuple des Elfes pour les convaincre de rejoindre les hommes dans la lutte. Quant à Excalibur,
la décision est prise de l'emprisonné dans un rocher pour exclure le risque de voir le Mal s'emparer de l'anneau (oups...) de l'épée. Comme
le veut la légende Arthurienne, elle ne pourra être libérée que par un seul être...Cette personne deviendra le nouveau Pendragon qui règnera sur le Royaume.
Une trilogie bien inspirée des légendes arthuriennes, des légendes celtiques et du Seigneur des anneaux de Tolkien (grande référence et source pour de nombreuses oeuvres de l'héroic fantasy)
Une intrigue captivante (bien que souvent redondante dans la fantasy), qui ne laisse pas au lecteur le temps de souffler. Des légendes plus que connues revisitées, modernisées, fantasyitées (oui, j'invente et alors?:p) Une trame particulièrement bien élaborée, des batailles épiques, des destinées désespérées. Des détails, plein de détails!
J'avoue avoir douté de sa capacité à finir correctement et dignement ce livre qui nous présentait une histoire sans fin ou justement, l'histoire de la fin des peuples...Pourtant, la fin est étonnante: tragique et sans espoir, mais qui n'est pas close, rien n'est fini! Bien au contraire...et la suite, nous la connaissons tous, plus ou moins.
On nous rabache les oreilles avec ces auteurs américains ou anglais qui sont les meilleurs dans le domaine de la fantasy, et bien, Fetjaine leur fait un beau pied de nez en faisant découvrir son grand talent à la française.
Si vous aimez revisiter les légendes archi-connues, si vous aimez l'originalité des réécritures, je vous conseille fortement de lire cette
trilogie. Elle a au moins le grand mérite de permettre aux lecteurs de rentrer dans le monde de la fantasy.
Il y a environ deux ans de celà, Maman me conseille vivement un livre, Fragments, une enfance 1939-1948. Maman est toujours de bons conseils et puis, les histoires de la seconde guerre mondiale m'intéressent. J'ai soif de savoir, j'ai soif de comprendre l'horreur. Et l'horreur semblait bien là: l'émotion se lisait sur son visage lorsqu'elle avait le nez plongé dans ce livre. Les yeux qui brillent, une larmichette, des nausées même. J'ai connu ces mêmes émotions en le lisant. D'autant plus qu'il s'agit de l'histoire de l'auteur, gamin juif de 4ans (né en 1938-39), déporté dans les camps polonais, à Majdanek puis à Auschwitz.
En 1995, le roman est publié en Allemagne d'abord, puis traduit en quatorze langues. Autant dire qu'il devient vite un incontournable de la littérature concentrationnaire. Même d'anciens déportés ont pu retrouver des traces de leur histoire grâce à lui*.
Je conseille donc cette lecture à Stella (d'ailleurs, je ne sais plus si je te l'avais fait lire), qui accepte. Puis, un jour, elle me fait lire un long article de VSD. Tout ça n'est que le fruit d'un mythomane. Rien n'est vrai! Je suis sous le choc, je n'y crois pas. Comment peut-on mentir sur ce genre de choses? Comment peut-on faire pleurer des gens, les faire revivre des choses en mentant?
La vérité a été dévoilée en 1998 par un journaliste qui a retrouvé le certificat de naissance de l'écrivain. Binjamin Wilkomirski s'appelle en vérité Bruno Grosjean, né en 1941, abandonné à l'âge de 2ans, puis adopté en 1945 par une famille protestante. Il n'a rien de juif. Il s'est construit lui-même sa judéité. Il n'a jamais connu les camps, si ce n'est en tant que touriste...
L'auteur refuse de ployer sous les accusations, explique qu'il a changé de nom comme beaucoup de déportés à son retour. Des recherches ont été faites avant la publication, mais la directrice du Bureau des enfants dépourvus d'identité donne son aval.
Il a même tourné dans un film israélien, Wanda's List, qui traite des enfants privés d'identité. La photo de Binjamin est apparue dans ce film, et un homme, dont le fils avait disparu dans les camps à l'âge de deux ans, le reconnait en tant que tel. Retrouvailles père-fils? Que nenni! Test ADN négatif!
La polémique est soulevée, les auteurs (journalistes, historiens) s'en emparent. Des historiens recherchent des erreurs, et il y en a!
Dès 1999, les éditeurs retirent Fragments de la circulation, le temps pour eux de faire des dernières recherches. Des test ADN avec le père biologique révèlement que Binjamin-Bruno est suisse et protestant.
On tente de fouiner dans son enfance un peu chaotique: abandon, adoption par une famille bourgeoise peu caline...Il manifeste très tôt un grand intérêt pour l'holocauste, la religion juive. Il visitera les camps, apprendra leur topologie par coeur. Son livre culte, L'oiseau bariolé de Jerzy Kosinsksi, est certainement la grande source d'inspiration de l'auteur.
En sus, grâce aux témoignages d'anciens amis, il a été possible de déceler sa tendance à la mythomanie. Il devient obsédé par la Shoah, en rêve la nuit, en parle à un ami psychologue.
Aujourd'hui, il refuse toute rencontre avec la presse, et semble ne vouloir répondre qu'au téléphone. Une question l'embarrasse, que répond-il? "Des images de camps de concentration continuent de me hanter. Cela vient bien de quelque part." Peut-être des deux pièces de sa ferme, remplies de livres sur le génocide nazi...
* Beaucoup de déportés ont oublié, plus ou moins, ce qui leur étaient arrivé. C'est une sorte de refoulement. Je ne saurais vous en expliquer plus, mais je pense qu'il s'agissait pour eux de faire un deuil, d'oublier. Et puis, cela résulte peut-être de la déshumanisation.
"Elle jouait avec sa chatte,
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.
Elle cachait - la scélérate ! -
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.
L'autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n'y perdait rien...
Et dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien
Brillaient quatre points de phosphore."
Je trouvais que ce poème se prêtait bien à notre amie, et donc je me devais de vous le faire partager!


